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Et si je n'étais qu'un fieffé menteur...
Dans 2 jours, une jeune femme des plus charmantes va prendre une décision qui va infléchir la vie d'une dizaine de personnes, dont la mienne.
Je me demande si les personnes travailant aux ressources humaines ont conscience du pouvoir qu'elles ont.
J'ai lu une étude le mois dernier sur la discrimintation à l'embauche. Le résultat était troublant, des acteus formés aux techniques de l'entretien, mais n'ayant aucune idée de ce dont ils parlaient ont passé avec succès toutes les étapes menant à une embauche.
Comment juge t'on un candidat, quels sont les critères objectifs qui permettent de discerner le faux du vrai, d'interpréter les non dits, d'évaluer les capacités réelles et non celles jetées sur un CV.
Un jour une de me collègues a postulé pour rentrer chez notre client. Sa candidature était présentée par son futur responsable, et il ne restait plus qu'à passer un entretien avec les ressources humaines afin de conclure l'affaire.
Les qualités professionnelles de ma collègue étaient évidentes, tout le monde reconnaissait son travail, mais elle n'a pas été embauchée. La raison : les 30 minutes d'entetien avec la responsable du recrutement n'ont pas été concluantes. Autrement dit, elle n'a pas été capable de se vendre, ce qui aux yeux d'une RH constitue un défaut majeur. Au diable ses compétences, son expérience, ses diplômes, elle ne sait pas se vendre, donc elle ne mérite pas d'avoir le poste.
C type de raisonnement n'a pas de sens, tout le monde le sait, et pourtant tous les grands groupes procèdent de la même manière.
La semaine dernière j'ai passé une journée de sélection pour l'un des fleurons de l'industrie française.
Cette journée s'est déroulée en 2 temps, le matin une série de tests destinés à évaluer nos aptitudes. Suites logiques, raisonnement spatial, anglais, rédaction et test de personnalité.
Honnêtement, j'ai trouvé les tests assez durs, mais le test de personnalité était drole, 100 questions du genre : Tu préfères : Ton père, ta mère, toi? choisis la réponse qui te correspond le mieux, et celle qui te correspond le moins.
L'après midi entretien avec la responsable du recrutement.
N'ayant pas très bien réussi les tests, et le peu que j'ai appris sur le CV de mes concurrents ne m'ayant pas rassuré, je jouais une carte importante lors de l'entretien.
Ca tombe bien, c'est un de mes points forts(oui je m'la pète). Dès fois je me dis que mon métier devrait consister à passer des entretiens. C'est à chaque fois un exercice amusant de s'inventer un personnage, de revisiter ses expériences en fonction de son interlocuteur.
C'est aussi un exercice de séduction, et là j'avoue que j'ai été troublée par le charme de mon interlocutrice, très mignonne, très gentille, et riant à mes blagues(un entretien est réussi si le recruteur passe un moment agréable!), dans d'autres circonstances je lui aurai demandé son numéro...
Bref comme je le pensais, les résultats aux tests ne sont pas géniaux, moyen + et bon pour l'anglais, par contre mon test de personnalité est une vraie réussite, et collait parfaitement à mon personnage du jour, oui je l'avoue, j'ai un peu truandé le test en jouant "le jeune cadre dynamique plein d'ambitions"
Le courant est bien passé, et je pense franchement que j'ai fait de mon mieux pour mettre en avant ma candidature. Maintenant, soit le système n'est pas si con que ça, et un candidat objectivement meilleur sera choisi, soit celui qui aura su se vendre le mieux passera à l'étape suivante, et là j'ai toutes mes chances.
Réponse mardi soir. En attendant je n'arrête pas d'y penser, je m'imagine déja donnant ma lettre de démission, c'est assez agréable d'imagier qu'un futur cool est ppossible, je peux réver jusqu'à mardi, et je ne vais pas m'en priver!
Bande son j'ai ce morceau qui tourne en boucle dans mon lecteur, et dans ma tête : "Comme un aimant " du groupe de rap Chiens de Paille. De la mélancplie dans l'instru, de l'espoir et de la fatalité dans les textes, c'est fou comme ce morceau colle à ma réalité du moment.
Najai Turpin
Najai Turpin, si vous n'avez pas regardé le contender(voir le note ici), vous ne connaissez sans doute pas ce nom.
Najai Turpin s'est suicidé un peu avant le début de la diffusion de cette émission.
Il a emporté avec lui les raisons de son suicide, qui sont apparement liés à des problemes avec sa femme.
La détresse de ce mec à la fin de son match était palpable, je suis sûr que ça n'a fait qu'empirer la situation.
Je ne sais plus quoi penser, je crois que je ne regrderai plus jamais une émission de télé-réalité, même sur la boxe comme "The conender".
Et fuck Canal + pour ne pas avoir mentionné ce "détail" avant la diffusion de l'émission, ou sur son site, c'est impardonnable.
Le vainqueur du contender a gagné son million de dollars, Najai a perdu sa vie, et il laisse une fille de 2 ans sur le carreau.
Putain ça me fout le cafard, rest in peace Najai.
Et si je n'avais pas eu mon bac...
J'allais me coucher, je voulais me coucher, histoire de ratrapper un peu de sommeil avant le week end, mais j'ai allumé la télé, et je suis tombé sur "le péril jeune". La dernière fois que j'ai vu ce film, c'était à la sortie du lycée. du coup ce qui m'avait le plus marqué c'était les délires de Tomasi et de ses potes l'année du bac, ça me rappelait ma propre expérience.
Klapisch tire d'énormes ficelles, ne rate pas un cliché, mais au final il crée une histoire attachante et surtout il est très facile de s'identifier aux personnages.(tout comme dans l'auberge espagnole)
Aujourd'hui, je suis exactement dans la situation : " 5 ans plus tard"(plutot 6 même).
Donc voilà, je me vois bien assis sur un banc d'hopital, avec mes anciens potes. Je me dis que c'était la belle époque, que la vie active, c'est loin d'être le pied, mais que je tiens bon, pour moi, pour ma famille, pour mes amis d'hier et d'aujourd'hui.
J'ai du mal à passer le cap de l'adulescence, cette période dorée entre 18 et 23 ans.
Je n'arrive pas à me faire à ma nouvelle vie.
"je suis un jeune cadre dynamique", je me répète cette vérité à longueur de journée mais rien n'y fait.
Aller, plus que 16 ans, et je fais ma crise de la quarantaine.
Bande son : saigon - Warning shots 2004